Actualité revendicative à la CED du 29 Mai 2019 (par Martial OTT)

L’élection européenne est, de nouveau, marquée par une abstention record de près de 50%. Même si elle est inférieure à 2014, comment pouvons-nous considérer que notre démocratie est en bonne santé lorsqu’un électeur sur deux décide de ne pas y participer ? Cette élection confirme l’effondrement des partis qui ont gouverné le pays depuis 40 ans. A force de renvoyer la faute à l’union européenne et de mener des politiques contre les peuples, ils s’en trouvent sanctionnés.

La faute aussi à la bipolarisation voulue par Macron. Il ne désigne qu’un seul adversaire « l’extrême droite » et s’abstient de répondre aux revendications portées dans les luttes sociales. Cette démarche est dangereuse et irresponsable, rendant cette alternative strictement électoraliste. Le parlement européen issu de ces élections conserve une majorité conservatrice et libérale. Ce qui n’est pas forcément pour déplaire aux partis populistes et xénophobes. Cela renforce le sentiment de rejet. Il est donc nécessaire et plus que jamais d’engager des luttes communes pour s’opposer au dumping social et à la mise en concurrence des salariés.

En ce qui concerne l’écologie et la transition écologique, ce scrutin consolide le souhait européen dans ce domaine. Le 52ème congrès a réaffirmé qu’il ne peut y avoir de politique environnementale concrète sans politique sociale, qu’il est nécessaire de faire évoluer nos modes de production pour répondre aux besoins des populations. D’ores et déjà, de nombreuses luttes sont engagées et la CGT appelle notamment à rejoindre la manifestation pour unir les travailleurs dans le monde le 17 juin prochain à Genève, lors du centenaire de l’OIT.

Notre congrès confédéral vient de de se terminer et a reconduit Philippe Martinez comme secrétaire général. Il s’est donc terminé après une semaine de débats bien souvent contradictoires voire très virulents.

Le congrès a été l’occasion de rappeler les solidarités nationales et internationales qui s’imposent au monde du travail. Les nombreux conflits qui sévissent à travers le monde  traduisent au travers d’un contexte de violences envers les peuples. On notera notamment :

  • Le conflit Israélo Palestinien, où fraichement réélu le premier ministre Israélien Benyamin Netanyahou, a ordonné le 4 mai des raids aériens sur la bande de Gaza qui ont fait plusieurs morts.
  • Les violences faites aux femmes comme aux Etats Unis ou Donald TRUMP réaffirme son opposition à l’avortement en se déclarant « profondément pro-vie ».

Le monde syndical européen avec d’autres organisations politiques et associatives se sont d’ailleurs mobilisées au Havre et en Italie pour contrecarrer la vente d’armes Françaises à l’Arabie Saoudite Ces armes auraient permis de tuer encore plus de civil Yéménites.

La CGT combat toutes formes d’exploitation sur les lieux de travail et en dehors. Ces exemples démontrent la nécessité de construire des convergences avec les organisations syndicales internationales à travers la solidarité et les valeurs qui nous rassemblent.

L’actualité nationale est marquée par les différentes réformes que le gouvernement impose sans réel débat. Le 10 mai, la CGT a été reçue par le haut commissaire à la réforme des retraites pour une concertation qui n’a débouché sur aucun élément concret. La CGT a réaffirmé que le système solidaire par annuité et par répartition reste le meilleur pour garantir une retraite digne à tous les salariés. Sachant qu’en Suède et en Allemagne, deux pays cités en exemple, le changement de système a dégradé la situation des femmes et appauvri une grande majorité des retraités.

Lors de son rapport et dans les enseignements du 52 congrès, Philippe Martinez a mis en avant la nécessité de créer le rapport de force dans le monde du travail, pour garantir et pérenniser notre système de protection sociale et obtenir de nouveaux droits, plus favorables pour toutes et tous et revendiquer le retour à un âge de départ à 60 ans, voire 55 et 50 ans pour les métiers ayant de la pénibilité. La solution, c’est la mobilisation.

 « Le service public est un coût pour le capital, les agents du public ne contribuent pas à l’économie du pays… », à chaque réforme le même refrain… C’est faux ! Quelle entreprise pourrait se développer sans services publics ? Aucune ! Sans service publique l’économie serait à l’arrêt. Pour preuve, même la droite avait admis que la France avait assez bien passé la crise financière de la fin des années 2000 grâce à ses services publics. Les services publics sont le bien des salariés, des citoyens, nous devons continuer à revendiquer l’appropriation publique dans l’intérêt général.

L’actualité a aussi été marquée par les conclusions du grand débat et le jusqu’auboutisme du Président Macron. Il a fait le choix de maintenir sa politique et a ainsi chargé son premier ministre de mettre en œuvre ses décisions. C’est dans ce contexte que la CGT rappelle les Urgences Sociales ; Ecologiques ; Fiscales et Démocratiques.

Il y a donc Urgence à améliorer le quotidien des travailleurs, pour cela il faut faire connaitre nos propositions et les mettre en débat avec les salariés. La mobilisation ne se décrète pas, elle est décidée par les salariés eux-mêmes.

Les initiatives de luttes dans nos secteurs d’activités sont nombreuses, notamment au courrier et au réseau. Elles sont toutes liées à la casse de l’emploi, la fermeture de bureaux et aux réorganisations du travail. Le patronat n’a qu’un seul but, asservir un peu plus les travailleurs pour dégager encore plus de profits. Il persiste sur les projets de coupure méridienne, le maintien de positions de travail ou de transformation en CDD, intérimaires… C’est la précarisation à outrance. Comment sommes-nous en capacité de faire grandir et ou fédérer les luttes ?

En ce qui concerne une présence postale territoriale de proximité et humanisée qui réponde aux besoins des populations. N’est-ce pas ce que les usagers attendent du service public postal, qu’ils soient issus de la population ou d’entreprises ? Bien faire son travail afin de pouvoir assurer son service est une profonde aspiration des salariés et qui, dans le même temps, permet de rendre un service public de qualité à toute la population. Une alternative est possible, garante de l’égalité entre tous les citoyens que ce soit en zone rurale, urbaine ou suburbaine avec une présence postale et humaine là où les besoins se font sentir.

Par ailleurs, un récent sondage auprès des Français, concernant les entreprises les plus utiles, a classé La Poste parmi les trois premières entreprises avec la SNCF et EDF, toutes trois possèdent la double caractéristique industrielle et de service public.

A ce sujet, Jean Paul Lecoq, député communiste au Havre soutient l’action de la CGT FAPT, contre les fermetures de bureaux.

Il est vrai que Patronat et Gouvernement, pour assouvir leur soif de pouvoir et de domination sur les travailleurs infligent une répression syndicale sans précédent, un député LREM a même demandé l’interdiction de la CGT dans son département.

Le Procès France Télécom et de ses dirigeants s’est ouvert le 6 mai. Il rappelle au combien la politique sociale menée dans les années 2000 a été néfaste pour la santé des salariés. Cela a été une réelle souffrance au travail qui s’est traduite aussi par des suicides. Au tribunal l’ex-PDG reste droit dans ses bottes et ne reconnait pas les fautes. C’est toujours pareil aujourd’hui. Au même moment où on apprend qu’un séminaire s’est tenu en février 2019 dans un de l’UINC, les heures noires réapparaissent avec un slogan et un logo de ralliement pour le moins guerrier «  Produire ou Périr ». Lors de ce séminaire des bérets verts ont été distribués. Même si les alertes et actions de la CGT ont permis l’arrêt de ces faits. La direction n’admet pas la qualification de ces faits de « faute » mais parle de maladresse.

Depuis on apprend que ce ne sont pas des cas isolés, à Lyon des séances étranges de renforcement du collectif fait que les salariés se retrouvent avec des sacs sur la tête, des opérations de phoning intitulé “Blitz Day”, un mélange d’allemand et d’anglais à connotation guerrière. Pour mémoire, la blitzkrieg est la stratégie de guerre éclair utilisée par l’armée nazie pour envahir l’Europe. Sans commentaire…

« Au cœur du travail pour bâtir l’avenir », c’est le slogan de la CGT au 52ème congrès, il nous permettre de redonner du sens au travail, c’est favoriser la démocratie à l’entreprise et redonner la parole à celles et ceux qui produisent, qui créent mais surtout qui ne doivent pas mourir.

La CGT doit être un syndicat de masse qui rassemble toute la diversité du travail, la qualité de vie syndicale est essentielle pour notre organisation.