Déclaration Préalable au CHSCT UIN des 13 & 14 décembre 2018

Pour sortir de la crise et répondre aux “gilets jaunes”, le gouvernement se tourne vers les entreprises. Il soutiendrait l’attribution aux salariés d’une prime défiscalisée et exemptée de cotisations. Le PDG d’ORANGE déclare sur France info, ” Il va falloir qu’on lâche du lest.”

Le PDG aurait-il peur que la mobilisation des GILETS JAUNES donne des idées aux salariés d’ORANGE ?

Les espoirs donnés par l’annonce du versement d’une prime de fin d’année vont vite faire place au désenchantement. Seuls 20 000 des 90 000 des salariés en bénéficieront et tant mieux pour eux :

  • 1000 € pour ceux ayant un SGB annuel brut inférieur à 25 000€
  • 500 € pour les salaires compris entre 25 000 et 30 000€
  • 0 € pour l’immense majorité

Pour les autres 70 000 salariés, devront-ils encore attendre une éventuelle bienveillance du PDG lors des négociations salariales ? La CGT n’attendra pas et lance une grande consultation sur les salaires et les premières rentrées démontrent déjà les attentes des salariés, au moins à deux chiffres.

Pour rappel, aucune organisation syndicale n’a signé l’accord salarial en 2018 : c’est dire s’il était mauvais ! La direction d’ORANGE considérant que les augmentations revendiquées par les salariés n’étaient pas méritées…

L’augmentation de plus de 7 % du niveau des dividendes en 2018, et l’accroissement de plus de 2,5 % des salaires des hauts cadres dirigeants sont une véritable PROVOCATION !

En plus de la responsabilité du gouvernement dans la crise en cours, les patrons d’entreprise ont aussi leurs parts de responsabilité. Les employeurs ont nié l’importance des corps intermédiaires dans le processus du dialogue social. A l’UI NC, c’est assez flagrant, les clashs se succèdent depuis quelques mois (démission collective au CHSCT UIC, Alerte DP dans l’Orne sur des questions de congés…).

La direction aurait-elle perdue le sens de l’écoute ? D’ailleurs l’a-t-elle déjà eu ?

Pour revenir à la proposition du gouvernement et du PDG, la CGT pense que le règlement du conflit ne se fera pas à coup de primes défiscalisées, mais par un relèvement de tous les minima sociaux, des salaires et des retraites.

Une prime défiscalisée, est en réalité une façon détournée de baisser à terme les rémunérations indirectes (Sécurité sociale, retraite, allocations …).

La question du pouvoir d’achat passe aussi par la création d’emplois bien formés, qualifiés et bien rémunérés mais aussi par une bien meilleure reconnaissance de nos métiers qui sont en perpétuelles évolutions technologiques.

C’est en ce sens et dans cet esprit que notre fédération a déposé un préavis de grève de 24h, pour la journée de demain, 14 décembre 2018.