Actualité revendicative à la CED le 11 Octobre 2018 (par Fabien Leseigneur)

Les rentrées se suivent et malheureusement se ressemblent, des conditions de plus en plus difficiles pour les familles, « parcours plus » a fait preuve de son inefficacité, des milliers de jeunes se retrouvent sans classe. La rentrée sociale et parlementaire est du même tonneau.

Le gouvernement Macron poursuit son travail de destruction des droits, des protections sociales, au bénéfice des riches.
La reconduction de CICE sous une autre forme, la baisse des cotisations, la diminution de l’impôt sur les sociétés offrent des milliards de cadeaux aux patrons pour un résultat nul pour l’emploi…

Aucune mesure concrète n’est prise contre la fraude fiscale maintenant estimée à 100 milliards d’Euros rien que pour la France. Cet argent c’est autant pour la spéculation et moins pour les services publics que finance l’impôt.

La loi PACTE, un millier de pages 73 articles, entérine les privations de ADP (Aéroports de Paris), Engie, la Française Des Jeux, La Poste, dérégule la vie des entreprises et limite encore les droits des salariés.

La loi ELAN brade les logements sociaux.

La vérité sur une hausse de pouvoir d’achat vantée par le gouvernement?

Si le salaire brut a augmenté en moyenne de 1,3% sur un an l’inflation a été de 2,3 %…

Dans la fonction publique, le gel du point d’indice depuis 2010 impacte fortement le pouvoir d’achat. S’il a été revalorisé d’à peine 0,6% en dix ans dans le même temps l’inflation cumulée fut de 13%, et le gouvernement vient d’annoncer un nouveau gel pour les deux prochaines années.

La baisse des cotisations et l’augmentation de la CSG ne doivent pas faire illusion, c’est donner d’une main et reprendre de l’autre. La non revalorisation des retraites et prestations sociales frappe les plus fragiles et accentue les inégalités.

Le théorème économique de Smith, dont nous abreuve les médias, sur le ruissellement de l’argent des riches vers les classes populaires ne fonctionnent pas. Il est temps de dire que les riches nous coûtent un pognon dingue. Pour rappel, de 1980 à 2015 la part des dividendes est passée de 3% à 10% de la richesse nationale.

Il nous faut porter haut et fort les exigences de la CGT d’un SMIC à 1800 euros brut pour un salarié débutant sans diplôme, à 2160 euros brut avec un CAP/BEP, à 2520 euros brut avec un BAC, à 3600 euros brut pour un Master.

C’est possible ! Le 8 octobre la direction d’Air France lâchait une hausse de 4% répartie sur 2018 2019 en ouverture aux négociations salariales.

Le chômage continue de progressé, pas un jour sans plan de licenciement et fermeture de site, casse industrielle, délocalisation. La croissance économique est revue à la baisse (1,7% pour 2019), rien de fatale, juste la volonté d’augmenter le taux de profit pour les actionnaires.

Un exemple concret la semaine dernière a mis en évidence cette logique:

Le palais des congrès d’Amiens transformé en titanesque cour des prud’hommes, ou 800 ex-salariés de Goodyear réclamaient justice a vu la mise en accusation des licenciements boursiers.

Ce procès est aussi celui de la finance, ou la logique du taux de profit conduit à supprimer des emplois et fermer des usines rentables à seul fin d’augmenter les dividendes des actionnaires. Cette stratégie peut se multiplier tranquillement avec l’assouplissement des règles de licenciement ou ceux-ci peuvent être motivés à la seule raison de sauvegarde de la compétitivité.

Cependant si le gouvernement a pu se présenter un temps comme novateur et moderne il ne fait plus illusion.

 

Au plus bas dans les sondages (29% de satisfait) le président Macron après la lamentable affaire Benalla est ébranlé par les démissions de Nicolas Hulot ministre de l’écologie et Gérard Collomb ministre de l’Intérieur.

La baisse de popularité du président Macron et les mobilisations rendent possible de faire reculer le gouvernement sur sa réforme des retraites, CGT CFDT FO la combattent.

La énième réforme de l’assurance chômage fédère contre elle l’ensemble des organisations syndicales.
L’idée que d’autres solutions sont possibles gagne du terrain.
La publication du rapport du GIEC (groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat) validé par 195 états, nous rappellent ‘urgence de nous mobiliser sur le problème de réchauffement de la planète qui menace la présence humaine sur terre pour la fin du siècle.

Cette préoccupation, de l’environnement, du développement durable doivent être pleinement présentes dans nos propositions revendicatives.

Le retour au rail pour l’acheminement des courriers et colis, la gratuité et le développement des transports en commun urbains, du chemin de fer avec la généralisation de l’électrification,ses idées portées par la CGT s’inscrivent pleinement dans notre engagement écologique.

Ces questions ne sont pas à la marge de notre activité mais démontre l’urgence de transformer nos sociétés pour dépasser le capitalisme. La défense climatique est aussi l’occasion de dégager des convergences avec d'autres forces et de montrer une fois de plus que loin d’être ringarde la CGT est résolument ancrée dans l’avenir.

Préparant sa journée du 9 octobre le Figaro du 8 annonçait déjà 11 journées de mobilisation pour rien contre Macron y incluant le 1 mai. Un regret ? Ou plutôt prendre son désir pour la réalité !

300 000 manifestants dans 200 défilés, 50 000 à Paris certes c’est insuffisant mais ce n’est pas rien, cette journée en appelle d’autres.

Tout le travail de communication, d’information, de propositions, au travers des tracts,
réunions, visites, fait son chemin dans les consciences et ouvre des perspectives. Les élections des trois versants de la fonction publique doit être aussi l’occasion de faire entendre que d’autres choix sont possibles.

Donner des voix à la CGT c’est ouvrir des voies pour l’avenir des services publiques.

Le fait qu’avec le 27 et le 28 la FAPT 76 est pu monter ses listes, l’accueil positif que nous rencontrons lors des visites, dans les initiatives interpro, l’engagement de toute la CGT doivent nous rendre optimistes.