Actualité revendicative à la CED le 6 Septembre (par Bruno Vénuat):

Bonjour à toutes et tous,

J’ai une nouvelle fois le plaisir de faire un rapport d’introduction à notre CED. Un rapport qui ne balayera certainement pas l’ensemble de l’actualité faute de temps d’une part et faute à une actualité mondiale, nationale et locale très dense d’autre part.
Dans l’actualité mondiale et nationale, comment ne pas évoquer la débâcle écologique.

Hulot parti en pleurs, désolé de son impuissance et surtout d’avoir était pris pour un con vis-à-vis de l’image qu’il souhaitait renvoyer (écolo jusqu’au bout des ongles roulant en gros 4×4, écolo pugnace qui ne lâche rien sur rien à l’image de l’arrêt du glyphosate..), De Rugis arrive en écolo nouveau qui voudrait nous faire croire que mondialisation et capitalisme peuvent rimer avec écologie, circuits court lutte contre la production intensive, etc… pourquoi l’écologie a toujours était identifié comme un parti plutôt à gauche : tout bonnement parce que faire du productivisme et antinomique avec l’écologie et la santé de notre planète. Pour sortir de ce panurgisme intellectuel qui tend à faire croire qu’il peut exister une société capitaliste et écologiste, il est nécessaire d’ouvrir les yeux des citoyens et des salariés.

Pour faire le parallèle avec nos entreprises, que ce soit La Poste ou Orange, qui se disent entreprises vertes,et qui de par leur fonctionnement mettent de plus en plus de véhicules sur les routes. Soit par l’acheminement de tous les produits à distribuer ou par la sous-traitance accrue qui oblige plusieurs salariés de différentes entreprises à faire des parcours énormes alors que si l’on avait des services de proximité tous ces parcours seraient supprimer, les conditions de travail seraient améliorées et le nombre d’emplois augmenté. Evidemment les bénéfices des actionnaires revus à la baisse.

D’ailleurs toujours dans le domaine mondial, La France est le premier pays au monde en
termes de reversement de dividendes. Près de 70% de la richesse produite par les salariés est reversé à des actionnaires. Loin devant les américains qui reverse un peu moins de 50% de dividendes, ce qui reste déjà énorme. Une conclusion simple pourrait être déduite d’un niveau de reversement aussi important, c’est que La France devant cette excellence dans le capitalisme est le pays le plus riche, le plus développé et où les salariés sont le mieux loti.
Bien évidemment, il n’en est rien et je dirais même bien au contraire. La France recule au
rang mondial des pays développé passant désormais à la 6ème place, la croissance est une des plus faibles d’Europe derrière la Pologne et le Portugal (par exemple) et le nombre de personne en contrat précaire ou sans emplois augmente et les conditions de travail des salariés qui en ont un ne cessent de se détériorer. La Macronie capitaliste et le capitalisme en général démontrent que seule une poignée se gave et que déjà à très court terme ce modèle tant vanté va dans le mur.

Cette mondialisation exacerbée provoque une montée plus qu’inquiétante dans tout un tas de pays du nationalisme et du racisme, comme on a pu le voir en Allemagne ces derniers jours avec des manifestations de parti néo-nazis dans des grandes villes ou le résultat des élections en Italie où les fascistes sont arrivés au pouvoir, à l’image de la Hongrie ou d’autre pays d’Europe. Le repli sur soi et la peur de l’autre comme rempart à ces politiques austères est encore plus dangereux car il ne lutte pas contre le mal (le capitalisme) mais contre l’illusion du mal. Le président argentin disait il y a quelques jours au peuple argentin qu’il savait que sa politique d’austérités était dure mais que c’était la seule solution pour l’Argentine : le résultat est que l’Argentine est entrain de connaitre une deuxième terrible récession en moins de 20ans.

Pour revenir un peu plus proche de nous, les mêmes politiques mènent au même résultat.
Diminution des aides sociales, diminution des services publics quel qu’ils soient ont fait monter la précarité et l’extrême droite ces dernières décennies. Alors qu’une France ruinée en 1945, a connu, par des politiques volontaristes, et je pense notamment à celle d’Ambroise Croizat père fondateur de la sécurité sociale, un développement des services publics et du nombre de fonctionnaire qui a permis d’avoir une presque homogénéité sur le territoire. Par ce petit raccourci, nous voyons bien que le problème ne vient pas du modèle social que l’on connaissait depuis 70 ans mais de sa disparition.

La réduction des cotisations sociales voire leur extinction et donc de fait de nos salaires n’a que pour conséquence de rendre notre système plus viable et donc de faire croire une nouvelle fois que tous les maux viennent de ce système. Après l’augmentation de la CSG et la diminution des cotisations qui tend à faire basculer la solidarité vers l’imposition, la prochaine étape en ligne de mire est le financement avancé du pays par le prélèvement à la source qui n’est qu’un moyen déguisé de diminuer artificiellement la dette. Après un semblant de tergiversation dû notamment à la levée de quelques patrons, l’apparence étant plus importante que le résultat, le gouvernement le mettra en place au premier janvier prochain sauf nouveau retournement de situation.

Cette nouvelle étape réalisée, nous verront arrivés la volonté de détruire notre système de
retraite par répartition pour mettre en place le système par point. Le rapport Delevoye sorti il y a quelques mois est plus qu’explicite sur la volonté du gouvernement. La nécessité pour notre organisation syndicale d’expliquer l’impact sur les niveaux de retraites et de pensions à tous les salariés est primordiale. De nombreux tracts sont déjà sortis et ont été distribués, le peuple spécial retraite ou d’autre publication sont à disposition et doivent nous servir pour expliquer les conséquences négatives d’un tel changement. Ce qui pratiquent l’onanisme par conviction sont les mêmes qui peuvent penser qu’un système individuel tel que celui par point sera meilleur qu’un système collectif tel que celui par répartition. Même si il a été largement dévoyé au fil du temps, il est très loin de l’utopie de militer pour une retraite pleine et entière à 60 ans voire à 55 ans pour tous. Le financement existe notamment dans les 4 milliards d’impôts sur la fortune dont Macron a fait cadeau aux plus riches ou dans les 59 milliards de dividendes versés aux actionnaires ou dans les 80 milliards de fraude fiscale.

Sans être plus long sur toutes ces politiques antisociales et rétrogrades, car beaucoup d’autres exemples pourront venir dans le débat, nous pouvons nous servir de ces points pour faire de la prochaine journée interprofessionnelle du 09 octobre une grande journée de grève et de mobilisation. Les débats qu’il a pu y avoir déjà à l’AG de rentrée puis à la CE de l’UD sont partagés sur cette première date. Néanmoins ce ne sera jamais avec les militants qu’une grande journée sera réalisée mais bien avec les salariés. D’ores et déjà, après quelques échanges avec des salariés au courant du 9 octobre ou mis au courant par des militants, j’ai plutôt l’impression qu’ils attendaient une date pour montrer leur colère vis-à-vis des politiques actuelles des entreprises et du gouvernement.

Nous militants, notre seul devoir c’est d’informer nos collègues, nos amis, nos familles et pour cela d’être largement informé nous-même. L’épisode des barbouzes, la démission d’Hulot, la piscine à Brégançon ont donné une image véritablement ternis du tout puissant Jupiter : il se retrouve avec une cote de popularité au même niveau que oui-oui à la même époque en étant parti beaucoup plus haut. Nous avons des raisons d’espérer une mobilisation prochaine à la hauteur des enjeux. Pour cela ce n’est pas le dégagisme qu’il faut mettre en avant car même si certain le veulent ce n’est pas l’homme qu’il faut changer mais sa politique. Bien évidemment que s’il on arrive à faire changer la barre politique, l’homme changera in fine.

Si nous parvenons comme je l’espère à cette mobilisation, nous réussirons sans aucun doute l’échéance électorale du mois de décembre tant à La Poste qu’à Orange. L’ensemble des listes locales pour La Poste devrait être monté, ce qui est plutôt encourageant. La première étape est donc sur le point d’être finalisée, nous devons donc nous atteler à la deuxième qui est la campagne. Même si nous ne cessons jamais de militer, il nous faut forcément avoir un déploiement encore plus important dans tous les services.

La deuxième semaine de renforcement la semaine prochaine doit nous permettre de concrétiser les contacts pris au mois de juin. Nous avons du matériel à disposition tant sur la syndicalisation que sur les retraites ou des tracts encore plus locaux. Appuyons nous sur ce qui existe pour renforcer notre syndicat. Je ne doute pas que ce travail continuel qui est mené par les militants, accentué dans la période électorale, aura l’influence que l’on souhaite dans les mobilisations à venir et dans le résultat des élections de décembre.
Je sais que je n’ai pas abordé tous les points de l’actualité mais je ne serais pas plus long, et je vous laisse le soin de les aborder. A vous la parole mes camarades.