Déclaration préalable au CHSCT de l’UIN ORANGE des 21 & 22 juin 2018

 

Didier Lombard enfin renvoyé en correctionnelle pour harcèlement moral !

Près de dix ans que les salariés de Orange, ex France Télécom, attendent que la justice soit faite. Les juges ordonnent enfin un procès pour « harcèlement moral » contre notre ancien patron Didier Lombard, ainsi que six autres dirigeants. Ils ont initié une politique visant à déstabiliser les salariés.
Dès octobre 2006, Didier Lombard déclarait à l’association des cadres supérieurs et dirigeants de France Telecom : « Ce sera un peu plus dirigiste que par le passé », et en 2007, « je ferai les départs d’une façon ou d’une autre, par la fenêtre ou par la porte ».
Engagé dans le délicat virage de la privatisation et des nouvelles technologies, le groupe, voulait supprimer 22.000 postes entre 2006 et 2008 et procéder à 10.000 changements de métier, dans le cadre de son plan de réorganisation « NEXT ». Devant les enquêteurs, plusieurs cadres et dirigeants de l’entreprise ont nié l’existence d’objectifs de réduction d’effectifs, avançant de simples « estimations » tandis que d’autres ont présenté la restructuration comme une opération de sauvetage.

Les juges ont examiné le cas de trente-neuf salariés : dix-neuf se sont suicidés, douze ont tenté de le faire, et huit ont subi un épisode de dépression ou un arrêt de travail. Pour la CGT ce n’est pas moins de 35 cas de suicide de salariés entre 2008 et 2009 qu’il faudrait examiner.

L’UI Normandie n’a pas été épargnée et certains, encore autour de cette table, ont eu à examiner des dossiers douloureux de suicide, tentative et grève de la faim. Suite à cette période douloureuse la direction a feint de mettre la pédale douce sur l’ouverture d’un dialogue et la mise en place de quelques mesures de préventions.

Pour autant les réorganisations successives et autres automatisations impactent toujours l’état de santé des salariés et il n’y a pas que la CGT qui le dit. Nous citerons un extrait des conclusions du rapport de ce jour du docteur Nayrat :
« De nombreuses réunions, des projets de transformations qui se multiplient et au sein desquels le SST tient à réaffirmer le point de vue de la santé des salariés mais aussi la prise en compte du travail réel. Les transformations peuvent avoir des impacts « par ricochet » sur les salariés d’autres services / unités, ce qui est souvent difficile à appréhender en amont du projet mais peut avoir des impacts importants sur la santé des salariés concernés. La réactivité et le suivi du projet à court et à moyen terme ont alors toute leur importance.Dans ce contexte, le médecin doit plus que jamais gérer ses priorités, entre son activité clinique (en lien avec l’infirmière) y compris sur sites distants et le suivi des projets.
Par ailleurs, et sans aller à l’encontre des changements organisationnels qui se font parfois selon la méthode essais / erreurs, il convient de traiter les conséquences de l’automatisation de certaines tâches : sous-charges de certains salariés à qui pourtant on ne propose aucune autre tâche (fonctionnaire proche de la retraite mais souffrant du manque de travail), surcharge des autres auxquels sont confiés les tâches complexes, ou aléas du robot, salariés qui sont soumis à la planification pas toujours intelligente de l’automate.
Sur ce point, et sans anticiper sur le rapport 2018, les remontées des techniciens depuis l’automatisation de la CA sont de plus en plus délétères lors de consultations. Selon les techniciens des effets sur la santé commencent à se faire sentir : troubles du sommeil, anxiété, agressivité voire démotivation. »

Que pensez-vous des déclarations de l’un des directeur de DIR telles que : « Si vous n’êtes pas content, vous partez » ou encore : « Dans CDI, le I ne veut pas dire Illimité » jetées à la face des salariés osant émettre un avis contraire à celui-ci ?

A moins d’une semaine du CE, ou le DO compte entériner la fusion des deux UI, la CGT s’inquiète des conséquences sur la santé physique et mentale des salariés de la politique de l’entreprise, imposée par nos dirigeants et fortement soutenu par le CODIR.

La CGT vous alerte et vous invite à regarder le passé pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.