Actualité revendicative à la CED du 26 avril 2018 (par Pascal Richez)

Sur 190 points de rassemblement et à l’appel, le plus souvent, de la seule CGT, près de 300 000 salari-é-e-s se sont mobilisés le 19 avril avec, parfois, des appels à la grève s’ajoutant à celui des cheminots, toujours aussi fortement et unitairement mobilisés.

À quelques endroits où, comme à Paris, la police a multiplié les provocations, les salariés sont restés calmes et dignes, refusant de répondre à la violence. Violence qui décidément devient la seule réponse gouvernementale aux justes exigences des salariés et populations. En témoigne la situation à Notre-Dame-des-Landes.

Les exigences et mécontentements montent sur de multiples sujets et le gouvernement écoute, dit-il, mais n’entend pas.
Il serait pourtant inspiré de le faire !
Les cheminots restent durablement déterminés, les électriciens et gaziers les rejoignent. Les fonctionnaires unis ont d’ores et déjà le 22 mai et ses suites en ligne de mire. Les retraités, unis eux aussi, vont continuer à se mobiliser.

ADP, Air France, les transporteurs routiers, les chômeurs et précaires, les salariés des Ehpad, des hôpitaux, de la collecte des déchets, et la liste n’est pas exhaustive, s’organisent sous formes différentes pour faire avancer leurs légitimes revendications… et ils ne sont pas seuls.
La CGT les soutient plus que jamais. Elle va travailler à l’unité la plus large, au plus près du terrain, pour que, partout, s’ouvrent de sérieuses négociations et soient entendues nos propositions.

Le Président Macron et son gouvernement doivent entendre l’exigence sociale et prendre la mesure des oppositions grandissantes à sa politique qui flatte les plus riches et punit le plus grand nombre quand les moyens existent pour faire autrement.
Il faut faire du 1er-Mai, dans l’unité la plus large, une puissante journée de mobilisation et travailler, dès à présent, à ses nécessaires suites, pour gagner.

Dans notre secteur, le patronat n’est pas en reste. A La Poste la direction a annoncé au conseil d’administration sa volonté de faire évoluer le capital par le jeu de l’actionnariat salarié. A Orange, les négociations annuelles obligatoires ont échoué, avec pour la première fois un front syndical uni refusant les propositions insuffisantes de la direction.

Propositions inadmissibles au vu des résultats exceptionnels de l’entreprise. Dans plusieurs entreprises du secteur des luttes sont engagées, certaines ont été gagnantes. Ce qui prouve encore une fois que la résignation n’est pas au rendez-vous et que lorsque le travail de terrain est continu, les salariés nous écoutent et peuvent s’organiser avec nous.

Bien sûr pour cela il faut des militants formés et aptes à expliquer la démarche et les valeurs de la Cgt. C’est dans cette optique que notre syndicat inscrit le plus grand nombre de syndiqués dans les formations interpro. C’est également dans ce but que nous avons organisé deux formations en interne. Une sur l’aide au renforcement et l’autre sur la communication. En effet, pour mettre en place un rapport de force conséquent il faut une Cgt forte et puissante et des militants sachant communiquer tant en interne que vers l’extérieur.
Or, vu le nombre d’inscrits sur ces formations, force est de constater que nombre d’entre nous se considèrent suffisamment armés, ou ne se sentent pas concernés. Notre syndicat compte à peu près 750 syndiqués. C’est loin d’être suffisant. Face aux attaques patronales et gouvernementales, face aux mensonges et désinformations distillés quotidiennement par les médias, les salariés, retraités, privés d’emploi ne peuvent compter que sur la Cgt.

Les organisations syndicales d’accompagnement ou soi-disant révolutionnaires ne sont là que pour faire passer la pilule ou casser les luttes par un jusqueboutisme suicidaire. Clairement, si nous, dirigeants syndicaux, ne nous mobilisons pas, si nous ne nous formons pas, si nous ne sommes pas convaincus de nos revendications, si nous n’organisons pas les luttes avec les collègues, nous ouvrons un boulevard au capital pour finir de laminer nos acquis sociaux.

Les élections à La Poste et à Orange, qui vont se dérouler à la fin de l’année, comme dans tous les services publics, sont d’une importance capitale. Le score de la CGT sera étudié par nos dirigeants. Nous n’avons pas le droit d’échouer. Pourtant il nous manque encore des candidatures, tant chez Orange qu’à La Poste. Il est important que toutes et tous participions à la recherche de candidats, principalement sur les listes cadres.
Enfin, comme je le disais plus haut, il faut faire du 1er mai une démonstration de force qui face réfléchir Macron et sa suite. Et il faut préparer dès maintenant les journées d’actions qui vont venir.
Si nous ne le faisons pas, nous nous préparons un avenir morose…