Déclaration CGT concernant l’information sur le bilan saison 1 de T100D et le test de la s2, ainsi que l’information sur le test IES au CHSCT de l’UI Normandie à Caen-Venoix, le 21-23 mars 2018 chez Orange

C’est un gros pavé que nous avons là avec ces dossiers, en effet on constate :
Les UIs ont toujours été les parents pauvres chez Orange avec les salaires les plus bas, le travail parmi le plus usant physiquement comme moralement, au contact du client comme par toutes les conditions climatiques aléatoires subies et ceci avec de plus en plus longs déplacements.
Le personnel y est toujours la variable d’ajustement privilégiée de la masse salariale, et les multiples changements de processus, d’organisation ou de réorganisations chaque année pour suivre à la fois l’évolution technique et surtout les plans d’actions de la direction d’Orange.
La demande en productivité accrue dans le multi domaine et la poly compétence des techniciens, par exemple, n’entraine que peu reconnaissance alors que le technicien est vanté comme EXPERT dans les nouvelles applications auprès du client, il n’a droit qu’au salaire d’un ouvrier de base, en dessous des standards de notre champ fédéral (au niveau 2 .1 à 2.3 soit bande C ou meilleur des cas D pas Dbis expert).
Si l’on ajoute à cela l’isolement induit par la digitalisation de notre entreprise qui s’accroit car l’automatisation et la « soit disant » autonomisation (dirigée digitalement par une/des applis de surveillance) se fait souvent au prix de la disparition de l’humain dans le travail.

Et ce n’est pas la façon dont les projets T100D et TES sont en train d’être développés qui contrediront cela. Mais la direction pense ces projets en bonne voie de généralisation si l’on en croit les déclarations de F. Dulac notamment ou les messages sur l’intranet.
( Elle parle dans La Tribune de « deux grands chantiers. Le premier, c’est l’accélération de la digitalisation de l’entreprise. C’est une nécessité, notamment pour répondre à nos clients, dont le comportement s’est lui-même largement digitalisé ces dernières années. Le second chantier, c’est l’évolution de l’organisation du travail, qui doit nous permettre d’être plus efficace. »)
La CGT n’oppose pas systématiquement le digital et l’humain mais tient à obtenir des garanties de haut niveau pour l’emploi, la qualité de service ou encore le développement de la valeur ajoutée pour le travail humain et sa juste rétribution.
En ce sens, la CGT trouve insuffisant l’accord compétences et qualifications qu’elle n’a donc pas signé et demande l’arrêt de la fusion et de la mutualisation des back office des UIs.
La CGT réaffirme son refus concernant l’imposition de la géolocalisation (déjà invalidé par l’inspection du travail sur le dossier des véhicules) par des applications digitales pouvant dériver au flicage des salariés ou encore sur l’utilisation de données personnelles des salariés dans le cadre commercial menant une sorte d’ubérisation salariale. Quid aussi de l’équilibre vie privée, vie professionnelle dans ce contexte ?
Et l’augmentation du risque routier suite à cette augmentation de digitalisation des techniciens ?
Nous émettons aussi un doute contre le part variable attribuée aux techniciens les plus productifs en supplément de leur travail « normal » alors que la direction voudrait la faire disparaître dans les boutiques.