Actualité revendicative de la CED de la FAPT 76 du 22/02/2018 (par Régis Decayeux)

Chers camarades,
Comme il fallait s’y attendre, les coups continuent à pleuvoir et peu de secteurs, peu de
catégories de la population sont épargnés (les plus riches peut-être ?)

A partir de la théorie du ruissellement, qui n’a jamais fait ses preuves, Emmanuel Macron considère qu’il faut que les plus riches continuent à s’enrichir et que cette accumulation de richesses finira par profiter au reste de la population.
On voit ce que cela donne : non seulement les milieux les plus modestes ne voient pas leur niveau de vie s’améliorer, mais les mesures mises en place par ce nouveau gouvernement ne génèrent qu’austérité, suppressions d’emplois et développement de la précarité. On peut citer quelques exemples en étant malheureusement certains d’en oublier.

 Loi travail, ordonnances Macron qui détricotent le code du travail, et permettent aux
entreprises de licencier ou de développer la précarité.
 Recours de plus en plus massif aux ruptures conventionnelles collectives, y compris
désormais pour les fonctionnaires.
 Remise en cause des statuts de la fonction publique, des cheminots…
 Manque de moyens criants dans les hôpitaux, les EHPAD, les prisons, l’Education
Nationale…
 Racket des retraités avec la CSG
 Volonté de casser le système de retraites par répartition

J’arrête là car notre CED n’est prévue que sur une seule journée.
Concernant notre secteur d’activité, le tableau n’est guère plus réjouissant :

Concernant La Poste :
Le 30 janvier 2018, le parquet de Nanterre a demandé le renvoi devant le tribunal correctionnel de La Poste pour recours extrême à sous-traitance dans la livraison de colis.
Ce renvoi fait suite à la mort d’un employé en sous-traitance le 08 décembre 2012 qui n’avait pas été déclaré pour les quinze premiers jours de son contrat.

Le dumping social installé et développé par La Poste conduit inexorablement, à la détérioration des conditions de travail, à un mal être et, trop souvent à des drames. Il consiste à transférer toutes les activités et notamment les plus lucratives comme celles du colis, vers la précarité d’emploi (CDD, intérimaire, mission, sous-traitance….).

Cette stratégie aboutit à la précarité d’un côté et à des suppressions d’emplois de l’autre chez le donneur d’ordre, qui a beau jeu de vanter ses accords sociaux tout en cachant sous le tapis la misère externalisée.

Dans les centres financiers le projet Excello, sous couvert d’amélioration de service rendu aux clients, et faute de moyens suffisants, conduit à dégrader les conditions de travail des salariés (davantage de samedis travaillés, moins de souplesse pour les congés..)

Au réseau, ce sont les bureaux qui ferment les uns après les autres, c’est la suppression des EAR…
Malheureusement, là encore, je vous laisse le soin de compléter.

La situation n’est pas beaucoup plus reluisante chez Orange :
Avec les milliers de départs naturels non remplacés, les effectifs fondent comme neige au
soleil, les boutiques ferment un peu partout, avec le recours massif à la sous-traitance, Orange peut réduire sa masse salariale et développer la précarité sans que cela se voie et cerise sur le gâteau, alors que le chiffre d’affaires et le résultat net, en hausse, culminent respectivement à 41 Md € et 13 Md €, se montrer pingre lors des NAO et ne laisser que des miettes aux salariés.

 

Alors que faire face à tout cela ?
L’échec des mobilisations contre les lois travail 1 et 2 a montré les limites des mouvements nationaux, généraux, impulsés d’en haut, ce qu’on appelle parfois les grèves « presse-
bouton ».

Nous allons bientôt fêter le 50ème anniversaire de mai 68 et à l’époque un slogan revenait souvent : « penser global et agir local »

C’est sans doute là l’une des clés pour construire une résistance solide face à la politique
libérale du gouvernement et aux mauvais coups qui l’accompagnent : redonner la parole à
nos syndiqués, aux salariés et à partir de leurs préoccupations, de leurs revendications,
construire localement, avec eux les luttes gagnantes qui formeront autant de ruisseaux
pour alimenter le fleuve qui nous fait tant défaut.
Depuis plusieurs mois, notre secteur a déjà été marqué par de nombreuses luttes et dans le prolongement de ces luttes, plusieurs journées d’actions, pour certaines unitaires, sont d’ores et déjà annoncées :

Le 8 Mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes. En 2017, dans notre secteur plusieurs actions ont été organisées sous différentes formes : conférences, débats, distribution de tracts, HIS, débrayages, etc. … La diversité des initiatives a contribué à l’élargissement de la mobilisation. Nous proposons de poursuivre et d’amplifier en 2018 ce qui a été fait. L’axe pourrait être l’égalité professionnelle et les violences que subissent les femmes au travail.
Le 15 Mars, journée d’action des retraités dans l’unité, l’objectif est de dépasser le nombre de manifestants du 28 septembre 2017.
Le 22 Mars dans la fonction publique à l’appel de 7 organisations syndicales et chez les
cheminots dont la menace de privatisation fait l’actualité et qui n’est pas sans poser la
question des convergences.

Enfin, se pose encore et toujours la question du syndicalisme rassemblé, question qui génère souvent des crispations dans nos propres rangs mais que nous ne pouvons pas éluder, car malgré ce que l’on peut penser des autres organisations syndicales, malgré les trahisons de certains, il n’est pas concevable, dans le contexte actuel, d’envisager de grandes victoires en allant seuls au combat.

Rien n’est simple dans tout cela, et comme on dit souvent qu’on est plus intelligents à
plusieurs que seuls, je vous invite à ouvrir le débat autour de toutes ces questions.
Merci de votre attention