Actualité revendicative CED du 18 janvier 2018

Augmentation des tarifs pour 2018 :
Face à la déferlantes d’augmentations de ce début d’année (quelques exemples : fioul domestique + 36%, CSG 21%, électricité +17%, carte grise + 15%, frais bancaires + 13%, timbres + 10%), il faudrait encore qu’on se demande tous les matins ce qu’on pourrait faire pour notre pays.
Sans augmentation de salaire en conséquence, la situation risque d’être de plus en plus difficile pour tous.
Mais … pas de coup de pouce du gouvernement au Smic, le salaire minimum passera de 9,76 à 9,88 euros bruts de l’heure (+1,24%) selon la revalorisation automatique, soit quelque chose comme 50 centimes. Le gouvernement d’Edouard Philippe a refusé d’aller au-delà. Quant aux plafonds de ressources utilisés pour calculer le montant des allocations familiales et d’autres prestations (complément familial, prestation d’accueil du jeune enfant, allocation de rentrée scolaire), ils sont eux revalorisés de 0,2%. Pour la sixième année consécutive, le gouvernement refuse tout coup de pouce au Smic alors que les marges des entreprises atteignent des sommets et que 2017 battra le record de dividendes servis aux actionnaires. À ce rythme, 1498,50 euros mensuels brut pour un temps plein, le Smic sera bientôt à un niveau identique au seuil de pauvreté.
La CGT rappelle que le Smic n’est pas un minimum de subsistance mais le premier niveau de rémunération d’un salarié sans qualification, pour un emploi en début de carrière. Il est le seuil de référence à partir duquel sont construites les échelles de salaire. Limiter sa réévaluation, c’est tirer toutes les grilles de salaires vers le bas ! Augmenter le Smic est indispensable. C’est bon pour faire repartir la croissance économique et les embauches. Cela réduirait les inégalités professionnelles Femme/Homme plus efficacement que les belles paroles présidentielles sur l’égalité. Rappelons que 62% des personnes payées au Smic sont des femmes. La CGT revendique, dès à présent, un Smic à 1800 euros brut. Elle met en garde contre toute velléité de désindexation et de changement de formule de calcul en ne retenant, de façon minorée, que le seul indice des prix à la consommation des ménages modestes. Si cette règle avait été appliquée en 2008, le Smic serait aujourd’hui inférieur de 100 euros à son montant.
Parallèlement les cadeaux aux plus riches entrent en vigueur : l’ISF disparaît et est remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) et le prélèvement forfaitaire unique (PFU, une flat tax à 30% sur les revenus de l’épargne). Un cadeau annuel d’en moyenne 1,5 millions d’euros pour les 100 premiers contributeurs à feu l’ISF, selon les calculs du président de la commission des Finances du Sénat.
Par ailleurs, le gain de pouvoir d’achat dont nous parle le gouvernement est un leurre : Augmenter la CSG pour redonner du pouvoir d’achat aux salariés, l’annonce peut paraitre séduisante mais qu’en est-il réellement ? Cette mesure remet en cause notre modèle social. Elle oppose les actifs aux retraités et réduira le pouvoir d’achat de ces derniers. La baisse des cotisations en échange de la hausse de la CSG va dans le sens d’un changement profond de notre modèle social fondé sur le travail. En modifiant le mode de financement de la sécurité sociale (transfert des cotisations sociales vers l’impôt) cette dernière échappera au contrôle des salariés affaiblissant ainsi son fondement solidaire.
Les retraités dans la ligne de mire de Macron : Cette réforme de la CSG fait peser davantage le financement sur les retraités et accentue l’injustice sociale (le coût de la complémentaire santé est plus cher pour cette catégorie de population). La revalorisation des pensions 2018 est reportée au 1er janvier 2019. Ce n’est pas l’augmentation progressive du minimum-vieillesse qui va atténuer les effets directs de l’augmentation de la CSG qui va réduire le montant des pensions des retraités désignés comme les « plus aisés » avec plus de 1 200 € par mois… !
De nombreuses luttes se font dans les entreprises et les professions autour des questions salariales. La CGT invite les salariés à agir pour obtenir l’ouverture de négociations afin de revaloriser le travail, partager les gains de productivité et les richesses (voir repères revendicatifs CGT fiches 12 13 et 14).
Hold-up de notre protection sociale : Il y a bien un hold-up sur notre protection sociale du fait de la suppression de la cotisation maladie et de celle de l’assurance chômage. Tout cela représente 18,3 milliards d’euros. La hausse de la CSG rapporterait quant à elle 22,5 milliards d’euros soit un bonus de 4 milliards pour l’État. Priver l’assurance maladie des cotisations et transférer son financement vers l’impôt (CSG) est un danger qui rend notre système de couverture sociale aléatoire par la baisse des prestations et des déremboursements alors facilités. Cette attaque sans précédent sur le financement de notre Sécurité sociale achève d’ouvrir en grand la porte aux assurances privées.
Elections à la Poste : auront lieu du 3 au 6 décembre 2018. Rappelons que les enjeux des élections professionnelles portent sur :
La représentativité dans la fonction publique et dans le secteur privé
Les moyens syndicaux et financiers
Le fonctionnement de nos syndicats départementaux et de notre fédération
Notre capacité à nous organiser, à nous renforcer et à nous implanter sur le lieu de travail.
La campagne sera menée sur 4 thèmes :
Salaires
Service public postal / finalité du travail
Emploi / Dé précarisation
Protection sociale, le social à La Poste
Mobilisation des EPHAD : les fédérations CGT Santé et action sociale et Services publics, rejointes par les organisations CFDT, UNSA, FO et CFTC, appellent à une journée nationale de grèves et de mobilisations, mardi 30 janvier 2018. Les conditions d’accueil et d’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie sont alarmantes, l’actualité médiatique a d’ailleurs beaucoup traité du sujet ces derniers mois mettant en évidence une situation scandaleuse mais pourtant bien réelle. Depuis de nombreuses années, les personnels des Ehpad et des services d’aide à domicile tirent la sonnette d’alarme, un manque de personnel considérable reconnu par tous et face auquel les réponses apportées par le gouvernement ne sont pas à la hauteur.
Mobilisation à la SNCF le 8 février : dans le cadre de la réforme ferroviaire que le gouvernement prépare, une réduction du réseau ferroviaire et probablement d’autres bouleversements organisationnels et sociaux s’organisent. La fédération a lancé plusieurs démarches en direction des usagers et des cheminots qui aboutiront probablement à un conflit de grande ampleur, dont la forme n’est pas encore arrêtée. Néanmoins, la première étape de cette bataille sera une grande manifestation nationale le 8 février à Paris avec l’objectif de rassembler 10 à 20 000 cheminots.
Place au débat…