Red’Action N°1 : SPECIAL COMPTE-RENDU CONGRES 2017 : Rapport d’introduction complet

Chères et chers camarades,

 

Notre congrès a lieu cette année sous les auspices fraternels de la mairie de Saint-Etienne-du-Rouvray en pleine bataille contre un gouvernement résolument tourné vers le capitalisme dans sa forme la plus libérale.

 

Avant de dire un mot sur ce que nous vivons actuellement, je me dois de revenir sur les deux années passées de la précédente mandature.

Chaque congrès est la fin d’un chapitre et le début d’un autre, dans un livre dont l’épilogue, qui doit voir l’émancipation totale du salariat, n’est pas abouti.

C’est pour cette raison que nous devons faire un point d’étape sur les barrières franchies et sur celle qui restent à franchir.

Deux années qui ont été riches et assez simples à diriger d’un point de vue idéologique, merci à nos deux présidents successifs qui ont été de bons éléments catalyseurs.

Néanmoins, sous cette petite pointe d’humour faisons un réel état des lieux de ces deux ans.

Nous avions pris 3 résolutions lors du dernier congrès qui avaient été adoptées à l’unanimité : lancer des grandes campagnes de syndicalisation auprès de tous les salariés du secteur des activités postales et de télécommunications, chaque congressiste s’engageant à proposer la syndicalisation à La CGT à au moins un salarié d’ici la fin de l’année 2015 ; la deuxième était de permettre à chaque syndiqué, qui le souhaitait, de prendre toute sa place dans les différents collectifs et de se former; et enfin la troisième de développer une activité syndicale interprofessionnelle et de faire en sorte d’avoir des camarades du syndicat de la FAPT 76, au sein des commissions exécutives, notamment celles de l’UL de Rouen et de l’UD de Seine Maritime.

Nous avons respecté cette dernière résolution puisque deux camarades ont été élu au comité général de l’UD, moi-même et Sophie, trois camarades ont été élue à la CE de l’UL de Rouen Corinne, Céline et Christèle, et nous avons maintenu notre présence dans l’ensemble des autres UL où nous étions présents avec notamment la présence de Sylvie à l’UL de Dieppe, Pierre, Pascal, Sarah, Jean-Michel, Marie-Noëlle et Patrick à l’UL du Havre, Karine et Gaël à l’UL de Fécamp, Pascal à l’UL d’Elbeuf, Françoise à l’UL de Saint Etienne du Rouvray. Seules les ULs de Eu, Gournay, Le Trait/Duclair et Lillebonne n’ont pas de représentant de la Fapt. Nous pouvons nous féliciter de cette présence active au sein de toutes les ULs et de l’UD. Il nous reste néanmoins à investir les structures de notre fédération.

Nous essayons de participer à la majorité des collectifs mais nous ne sommes pas à la CE fédérale, Fabien que l’on présentait au dernier congrès a été refoulé, et notre participation au collectif Poste est pour l’instant « compliquée ».

La deuxième résolution que nous avions engagée était l’intégration de tous les syndiqués qui le souhaitaient dans l’activité de notre syndicat, ce qui passait par une formation active. Celle-ci aussi, nous pouvons nous féliciter de l’avoir atteint. En effet, les collectifs déjà en place se sont étoffés à l’image du collectif COFI qui compte maintenant une quinzaine de participants, des collectifs réseaux où les camarades sont toujours plus nombreux, un collectif militant courrier qui comprend également une quinzaine de participants mensuellement issu de tout le département, un collectif Orange qui fonctionne grâce à la ténacité de Marie-Jeanne et enfin un collectif retraité qui a un peu plus de mal à se renouveler malgré son activité intensive. Nous pouvons tout de même nous féliciter d’avoir formé près de 180 camarades (176 pour être exact), dont 49 ont suivis les journées d’accueils dispensées par notre syndicat, 54 ont suivi un niveau 1 et 16 un niveau 2. Les autres formations sont des formations spécifiques tel que ECO-CE, CHSCT, rédiger un tract…

Enfin revenons sur notre première résolution qui force est de constater, malgré un engagement unanime sur la syndicalisation et son utilité, n’a pas été menée jusqu’au bout. Oui nous avons depuis le dernier congrès de nouveaux adhérents, et nous pouvons tout de même nous féliciter d’avoir 105 camarades qui nous ont rejoints et concrétisé leur adhésion mais dans le même temps, il y a également 114 camarades qui ont démissionné. Sur l’ensemble de ces démissions, nous pouvons dire que « seulement »  39 l’ont fait et sont toujours salariés du secteur, plus sur des questions financières qu’idéologiques. La grande majorité n’est plus adhérente par la difficulté de maintenir une continuité syndicale, d’autres suite à un licenciement ou une démission de l’entreprise, certains sont toujours adhérents mais plus sur notre périmètre et malheureusement nous avons 7 camarades qui sont décédés durant la période.

Cette question de la syndicalisation et de l’adhésion à notre syndicat est primordiale, nous la priorisons à chaque congrès et nous devons continuer de la porter car c’est l’essence même du syndicalisme que la CGT défend. Un syndicalisme de classe et de masse, un syndicalisme de syndiqués.

 

Un syndicalisme qui n’est pas celui de la compromission, et qui nécessite obligatoirement un rapport de force par le nombre. Plus nombreux, plus formés, plus armés idéologiquement, nous pouvons aboutir et arrêter de voir la lutte par délégation comme le fatalisme du moment.

Si de manière générale il est nécessaire de renforcer la CGT, il en est de même dans notre syndicat car que ce soit sur la politique générale du pays ou les politiques capitalistes des deux entreprises historiques de la FAPT, Orange et La Poste, une volonté unique agite nos dirigeants et qui est à l’opposé des besoins des citoyens et du bien-être des salariés.

 

C’est pour ces raisons que nous devons également construire des perspectives de luttes, d’avancées sociales et sociétales qui permettrons aux salariés d’avoir une autre vision que celle de la société capitaliste prônée à tous vents par les fossoyeurs des travailleurs. Pour cela, le congrès est un moment unique dans la vie de notre syndicat, qui doit permettre de se poser, de débattre et de dresser une ou des lignes directrices jusqu’au prochain.

 

Pour nous aider dans ce travail, la Commission Exécutive sortante a proposé deux sujets de débats qui sont justement des éléments qui nous percutent pleinement : « le travail est-il un épanouissement ou une contrainte? » et « Comment le numérique peut-il impacter positivement le travail et les salariés ? »

Je ne vais pas développer maintenant ces deux thèmes, nous aurons je l’espère suffisamment de temps et d’échanges pour confronter nos idées et en tirer des résolutions à l’issue de nos travaux mais il nous est apparu nécessaire de voir ce que l’on met toutes et tous derrière la notion de travail, et nous ne pouvions faire l’impasse sur l’importance que prend la révolution numérique dans nos sociétés et dans la société en général.

Bien évidemment, je ne peux pas conclure ce rapport sans faire un état des luttes passées, du moment et à venir. Nous avons connu durant ce mandat la plus grosse lutte depuis des années dans notre syndicat avec la mobilisation pendant 30 jours des collègues du courrier du Havre. Une lutte dure par sa longueur et par sa finalité mais qui s’avèrs plus qu’enrichissante sur la nécessité de l’activité interprofessionnelle puisque sans le soutien de l’ensemble des camarades du Havre, je pense à l’UL toute entière, SIDEL, DRESSER, les territoriaux, les privés d’emplois, les dockers, et j’en oublie, rien n’aurait pu se construire dans la durée et rien n’aurait pu être arraché même si nous n’avons pas obtenu satisfaction sur toutes les revendications que portaient le personnel.

Dans la même période, tout le syndicat s’est investi et a été présent dans la lutte contre la loi El Khomri , je ne rappellerai pas l’issue de ce conflit mais je pense qu’il est nécessaire de faire un point, comme ça a été fait à l’AG de rentrée de l’UD ou lors des différentes CE de toutes les structures, sur ce qui nous a manqué ou ce que l’on a pas fait pour gagner.

Une réponse, je pense unanime a été avancée : l’économie n’a pas été bloquée. Tout simplement, la seule façon que l’on a de faire changer la voilure  du capital, c’est de le taper au portefeuille. Il apparait également évident comme je l’ai dit plus tôt que ça ne peut être par délégation, que de bloquer des ronds-points, des routes ou des dépôts pétrolier, emmerdera peut être beaucoup de monde mais certainement pas beaucoup l’économie ou juste une petite partie.

 

La majorité de notre économie est basée sur des entreprises du tertiaires (plus de 75%),  et donc si nous voulons bloquer l’économie ça ne pourra se faire que lorsque la grande majorité de ses salariés cesseront le travail et occuperont leurs usines, leurs bureaux et que plus rien ne sera produit. Pour cela, nous avons un travail de pédagogie, un travail de terrain dans nos services mais également dans l’interpro.

 

Je ne dis pas que nous renverserons tout demain, mais déjà si les syndiqués et les salariés des entreprises de notre secteur, secteur justement tertiaire, prenaient leur part dans la lutte, nous pourrions donner de l’élan à des corporations souvent à la pointe dans le combat et qui sont marquants dans les esprits comme les pétroliers ou les cheminots.

 

Je ne vais pas refaire le monde tout seul à la tribune et il est nécessaire de débattre sur le processus de lutte que nous devons engager pour gagner sur nos idées et tendre vers une société progressiste à l’image de nos repères revendicatifs.

 

Je ne serai pas plus long pour permettre un débat riche. L’ensemble des rapports qui seront présentés au cours de ces deux jours de congrès permettront à toutes et tous d’avoir une vision claire et précise de l’état de notre syndicat, notamment celui de la CFC et de la trésorerie.

 

Je vous souhaite à toutes et tous un bon congrès et vive la CGT-FAPT 76, vive la CGT

 

Votre Secrétaire Général,

BRUNO VENUAT