Actualité Revendicative de la CED 76 de Novembre 2017

Bonjour à toutes et tous, nous voici réunis pour notre deuxième CED après l’élection lors de notre congrès. La première CED n’ayant porté que sur l’élection du bureau et du secrétariat, cette seconde sera une première d’un point de vue de la forme et des débats que l’on mènera pendant les trois ans à venir.

Un mois déjà nous sépare du congrès et l’actualité a été « riche », les attaques permanentes contre le monde du travail, et des politiques internationales très tendues.

Que penser de la volonté de la Catalogne, ou d’autres régions d’Italie qui veulent leur indépendance totale ou partielle. De la supposée ingérence russe dans les élections américaines, de l’escalade des tensions avec la Corée du nord que ce soit du côté américain ou japonais avec le changement de constitution leur permettant de nouveau de créer une armée. Le déplacement des Rohingyas, voir leur extermination en Birmanie, les différentes guerres en Afrique qui affament les peuples et déplacent des millions d’innocents.

Que penser des débats sur l’interdiction du pesticide le plus vendu au monde (le glyphosate) où l’on se demande s’il faut l’interdire et dans combien de temps, par quoi le remplacer pour rentabiliser une terre complétement meurtrie voire morte à certains endroits. De l’autorisation du libre-échange avec le Canada dans le dos des citoyens avec le CETA ouvrant la porte au TAFTA avec les Etats-Unis.

Que penser du projet « Montagne d’Or » en Guyane qui prévoit l’exploitation d’une concession minière sur 190km2 par des sociétés privées avec l’ensemble des risques écologiques inhérents notamment dû au traitement au cyanure des roches exploitées.

Que ce soit des guerres politiques, des guerres « géographiques » ou des guerres écologiques, elles sont toutes mises en avant pour cacher la véritable guerre qui se cache derrière, la guerre économique. Faire de l’évolution de l’homme une utopie, se retrancher sous des prétextes fallacieux pour que les hommes où qu’ils soient se déchirent sans voir les véritables enjeux, et laisser tranquilles les marionnettistes.

Consciemment ou inconsciemment, peu importe, nous le vivons dans nos entreprises et actuellement dans le combat initié par la CGT contre la loi El-Khomri puis contre les ordonnances Macron et toutes les lois rétrogrades où des organisations syndicales censées défendre les salariés leur promettent des jours meilleurs et n’élèvent pas les consciences. Ces organisations qui mettent en avant des avancées qui sont de véritables reculs pour le monde ouvrier.

Notre organisation syndicale a le devoir comme elle le fait depuis sa création, d’éduquer, de proposer et de combattre le capitalisme sous toutes ses formes, de donner l’opportunité à tous les travailleurs de s’émanciper devant le joug de la classe patronale.

Pour illustrer mon propos, je vais prendre trois exemples qui vont parler à tous : l’augmentation du prix du timbre, l’ouverture des bureaux de poste et la sous-traitance à Orange.

 

La Poste reine de l’arnaque envers les usagers et envers ses salariés. A grand renfort de publicité, La Poste se fend de déclaration où elle est obligée d’augmenter drastiquement le prix du timbre car plus personne n’écrit et du coup il y a un effondrement du courrier, donc l’obligation d’augmenter le timbre et de chercher de nouvelles activités à ses facteurs (relevage de compteur, démarchage à domicile, prise de photos, veiller sur des personnes…). En vérité, l’ensemble des trafics distribué a diminué de 7% depuis 2009 (sans prendre en compte le trafic colis), très loin de l’effondrement dont on nous bassine à longueur de temps de l’ordre de 50%. Il y a toujours une part de vérité car effectivement le courrier rouge a diminué fortement mais il ne concerne que 3% de ce que l’on distribue, donc pourquoi augmenter de plus de 160% le prix du timbre rouge durant la même période alors que le courrier industriel n’a été augmenté que de quelques centimes. Obliger le particulier à correspondre par mail ou d’autres canaux, pour qu’il perde cette notion de factuel et de contrôle que permet le papier. Qui va contrôler à termes son bulletin de salaire s’il est dématérialisé ? Cette quête de la dématérialisation prônée par tous sous couvert d’écologie, n’est juste que le moyen de priver les citoyens de la démocratie que représente le papier.

Au réseau, pour d’autres raisons mais le même objectif, La Poste avance qu’il y a une baisse de la fréquentation des guichets sous couvert d’une évolution de la consommation des usagers, et avance l’idée dans la tête de tous qu’il faut nécessairement réduire les amplitudes d’ouvertures car il n’y a pas assez d’activité pour les salariés. Effectivement, encore une fois, La Poste a raison, plus on diminue les horaires d’ouverture, moins il y a de fréquentation !! Voici le prétexte pour donner à la charge des collectivités ou de petits commerçants, pensant parfois bien faire,  la charge de l’activité en n’en récupérant les bénéfices. Et par la même, d’orienter les usagers vers une auto-prise en charge soit par le net soit par les automates. Le but de la démarche est simple, ne plus avoir de salariés et faire faire le travail par les usagers eux-mêmes, en gardant bien évidemment les bénéfices de tout ce travail que pour quelques nantis.

Orange procède à une autre stratégie, tout aussi perverse qui consiste d’une part à effectuer le travail par l’usager ou le client via le net, et d’autre part à sous-traiter à l’infini les métiers techniques ou les métiers transverse. L’argument vicieux consiste à expliquer que les parts de marché diminues du fait de l’ouverture à la concurrence, et insidieusement par le biais des départs en retraite ou TPS, de donner de l’activité aux sous-traitants pour aider ceux qui restent. Les salariés restants gardent grosso-modo la même charge d’activité mais au fur et à mesure Orange se défait de l’ensemble de ses tâches régaliennes sans aucun regard sur l’exploitation des salariés sous-traités, et redistribue les bénéfices aux actionnaires. Dans la même veine, Orange comme d’autres, également aux prétextes de modification de consommation déstructure la vie des salariés en les faisant travailler à des horaires tardifs ou le week-end. Réellement aucun gain en plus pour l’entreprise mais l’aliénation des consommateurs pouvant profiter d’autres consommateurs selon leur bon désir. Rien d’émancipant mais une vision rétrécie de la vie, comme des moutons que l’on engraisse avant l’abattage.

Pour résumer, la classe ouvrière s’auto-mutile, développe le syndrome de Stockholm, et seule notre organisation syndicale peut lui permettre par ses combats et ses propositions de sortir du cauchemar capitaliste.

Différents rendez-vous nous attendent pour renverser ce fatalisme, et cette pensée inéluctable selon laquelle nous n’aurions d’autre choix que d’obéir aveuglément à ces donneurs d’ordre pour qui l’esclavagisme n’est pas une notion enterrée.

La première étape pour notre syndicat est l’élection des représentants du personnel à Orange. Ce sont les premières élections dans une entreprise de cette taille après les mouvements de lutte de 2016 et de cette année. Elles revêtent donc un enjeu psychologique de grande importance. Il reste une semaine de travail intense à tous nos militants pour convaincre les indécis et faire voter CGT. De nombreuses élections ont eu lieu dans d’autres entreprises comme dernièrement chez Flunch où la CGT a progressé de 6 points. Soyons optimistes et visons à minima cette même progression chez le premier opérateur de France.

Notre deuxième grand rendez-vous est le 16 novembre avec comme point de mire le soulèvement d’un maximum de nos collègues. Même si la répétition de dates et le manque de clarté peu parfois démobiliser quelques salariés voire militants, nous avons besoin de ces points d’attaques pour construire une mobilisation d’envergure permettant de réorienter le rapport de force.

Je sais que je n’ai pas abordé tous les points de l’actualité mais je ne serais pas plus long, et je vous laisse le soin de les aborder. A vous la parole mes camarades.

Bruno Vénuat