Actualité Revendicative de la CED 76 de Septembre 2017

Bonjour mes camarades, nous voilà réunis aujourd’hui pour notre dernière commission exécutive de ce mandat qui a duré un peu plus de deux ans.

Je ne vais pas revenir sur ces deux années qui ont été riches en revendications et en batailles, j’aurais l’occasion d’y revenir largement dans le rapport d’ouverture de notre congrès.

Bien évidemment, sans refaire l’historique et l’histoire des différentes luttes que nous avons mené, nous devons en tirer l’expérience pour aboutir victorieusement à celle que nous venons de commencer ce mardi. Qu’est ce qui a manqué ou qu’est-ce que l’on n’est pas arrivé à mettre en place pour bloquer les premiers reculs que l’on subit depuis la première loi contre le travail (El Khomri).

L’économie est basée sur la productivité des travailleurs, et donc la grève par procuration ne peut aboutir si la majorité des salariés continue de travailler. Même si 70 à 80% des citoyens sont opposés à ce changement de société, tant que l’ensemble des entreprises, des sites continuerons de travailler, rien ne sera gagnable, et c’est bien par l’occupation des entreprises, l’arrêt de toutes les productions quel qu’elles soient que l’on pourra faire reculer le capitalisme.

Oui, c’est ce que l’on doit faire mais devant le fatalisme ambiant comment nous arrivons à dépasser les 4, 5% de grévistes déjà dans nos entreprises. Comment convaincre nos militants, nos syndiqués et nos collègues de cette nécessité d’être tous ensemble en lutte au même moment, pour faire aboutir les revendications nationales et bien évidemment les revendications locales. De le dire et d’avoir des grandes pensées c’est bien, et le débat est nécessaire pour armer nos militants pour gagner les consciences de tous mais il me semble nécessaire justement de rebooster les militants pour qu’au-delà des visites de services, des prises de paroles militantes soient faites partout.

Est-ce que les salariés de nos deux entreprises historiques, La Poste et Orange, sont heureux de leurs conditions de travail, de leur salaire, est ce qu’ils approuvent l’augmentation des frais de santé et la diminution de l’accès au soin, la surcharge des classes et le contenu de l’éducation dispensé, est ce qu’ils souscrivent à la différence de traitement devant la justice que l’on soit un tenant ou un manant, est ce qu’ils sont d’accord avec la diminution des APL, l’augmentation de la CSG, et la diminution de leur salaire via la suppression de certaines cotisations, est ce qu’ils plébiscitent le libre-échange avec le Canada ou les USA pour voir arriver dans leur assiette du poulet lavé à la Javel ou des légumes transgéniques, est ce qu’ils pensent que la diminution des normes dans la construction va améliorer leur bien-être ou celui de leur famille. J’en arrêterais là dans les questions qui me semblent simple à aborder avec les salariés de nos secteurs et autant de motifs de se mobiliser contre ce gouvernement qui veut mettre un coup de guillotine à deux siècles de luttes des travailleurs et de conquêtes sociales. L’attaque contre notre modèle sociale basé sur la solidarité entre les générations et les citoyens, commencée il y a plusieurs années, arrive aujourd’hui à la fin d’un cycle. Soit nous arrivons à renverser l’idéal libéral, soit nous perdrons tout.

Aucune échappatoire ne se profile si ce n’est celle de la lutte. Le syndicalisme porté et prôné par la CGT n’est pas celui de la compromission ou de la négociation défensive mais bien celui de la conquête sociale qui passe nécessairement par la lutte du fait des blocages idéologiques du capitalisme et du patronat, soucieux de son côté pas de la masse mais de sa classe. Le socialisme défendu par la CGT ne peut trouver d’accord avec le capitalisme qui par définition est en opposition sur les bases fondamentales qui veulent notamment l’arrêt de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Pour autant, les rassemblements sur toute la France sont pour le moins encourageant pour cette première journée, avec environ 400 000 manifestants sur tout le territoire, et localement 10 000 au Havre, 6 000 à Rouen, 1 500 à Dieppe et 150 à Fécamp. Nous devons être force d’espoir pour emmener avec nous la masse des travailleurs. Je laisserai le soin à chacun d’entre vous de nous remonter la participation localement à cette journée qui en appelle une autre dès la semaine prochaine.

Dans la même période des élections très importantes se profilent à Mediapost et à Orange d’ici un mois et demi. Les élections à Orange ont une importance primordiale également car ce sont les premières élections dans une grande entreprise depuis l’élection de Macron mais également depuis l’annonce du pseudo passage de la CFDT dans les entreprises privées devant la CGT. Un recul aurait certainement un impact dans la conscience collective assurément néfaste, à l’inverse une progression rabaisserait les analyses en cartons de l’élite bien pensante sur une CGT soi-disant moribonde. Je ne vous cache pas que la constitution des listes n’est pas simple. D’une part les périmètres démesurés voulus par La Direction et les autres OS qui n’ont qu’une vision électoraliste et non pas pour l’intérêt des salariés, et d’autre part la loi Rebsamen et notre manque de politique des cadres, font que le montage des listes apparait compliqué. A l’initiative de notre syndicat une première réunion téléphonée s’est tenue pour constituer une liste au CE plus homogène territorialement.  Liste qui devrait être finalisée rapidement pour nous concentrer sur l’ensemble des listes de proximités. Tous les militants doivent s’impliquer dans la constitution de l’ensemble des listes et dans la réussite de ces élections.

Mais comme je le disais précédemment tout notre activité, qu’elle soit dans la lutte ou dans des élections de représentation des salariés, doit sa réussite dans notre capacité à assurer le renouvellement de tous les cadres syndicaux. Sans syndicalisation, il n’y a pas de CGT, car nous sommes un syndicat de syndiqués. Tous les militants du syndicat par leurs échanges, le débat, sont en capacité de convaincre de la nécessité de se syndiquer et de se syndiquer à la CGT-FAPT 76.

Avant de laisser place au débat et à l’intervention de tous, je vous rappelle dans le même ordre d’idée, l’arrivée de la souscription et l’importance qu’elle a dans le financement de notre syndicat. On y reviendra plus tard dans la journée mais je souhaite vivement que chaque membre de la CED et que toutes les sections s’impliquent activement dans la vente des billets de souscription.

Sans plus mobiliser la parole, je vous la donne et attend toutes vos propositions et contributions au débat.

Bruno Vénuat.