Déclaration préalable de la Cgt au CE de la DO NC du 17 février 2016

Ces dernières semaines, rx l’actualité était braquée sur l’inscription dans la constitution de l’état d’urgence et sur la déchéance de nationalité. La première totalement inutile au vu des lois déjà existantes, prescription la deuxième étant la cause d’un nouveau cafouillage gouvernemental. A force de décevoir son propre camp, sickness à force de faire des courbettes à la droite et à l’extrême droite, le gouvernement en est arrivé à un texte qui non seulement risquerait de créer des apatrides, mais en plus stigmatise une partie de la population, qui n’avait pourtant pas besoin qu’on en rajoute à son mal être. Ce texte, voté à l’arraché à l’assemblée nationale, risque d’être détricoté rapidement par le sénat, ce qui provoquera son enterrement dans la honte et la confusion.


Mais qu’importe, pendant que l’on occupait à longueur d’antenne les ondes bien pensantes de nos médias, le patronat, toujours aidé par son fidèle allié gouvernemental, en profitait pour continuer à perpétrer ses méfaits. Fermetures de sites et suppressions d’emplois à la SNCF, à EDF, chez Servier, Sanofi, Vallourec, Sidel, Lafarge, au nom de la sauvegarde de l’entreprise, alors que les bénéfices continuent de pleuvoir. Attaques sans précédents des militants syndicaux, comme chez Air France ou Good Year. Pour la première fois depuis un demi-siècle, un gouvernement a demandé que soient requises des peines de prison fermes contre des syndicalistes pour avoir participé avec les salariés à des actions en vue d’empêcher la fermeture de leur usine.
Pensez donc, ces voyous de syndicalistes qui osent déchirer la chemise de leur DRH ou empêcher de sortir leurs cadres dirigeants, et tout ça pour quoi ? Pour sauver quelques milliers d’emplois, empêcher de gâcher des vies, de briser des familles. Nos médias, dont nous parlions plus haut, nous ont bien expliqué ce  qu’il fallait que l’on pense. Ils ont juste oublié d’expliquer que les mêmes patrons qui se plaignaient de la violence syndicale, tuaient tous les jours des salariés à cause de manquements à la sécurité, en les poussant au suicide à cause de harcèlement moral, de dégradation des conditions de travail ou de mise au chômage.

A l’appel de la Cgt, des centaines de rassemblements se sont tenus le 30 janvier pour condamner les attaques contre les libertés et le 4 février contre la criminalisation du fait syndical. Cela faisait suite aux journées d’actions dans la fonction publique du 26 janvier. Il est à noter que dans de nombreuses villes des salariés du secteur privé s’étaient joints  aux manifestations.
Il nous semble que cette volonté d’attaquer les organisations syndicales donne des idées à certains cadres de notre direction. Déjà au mois de décembre nous vous alertions sur les pressions que subissaient nos élus et mandatés. Ce mois de janvier a permis de gravir une marche supplémentaire.

Sous prétexte d’une erreur de communication de la CGT dans un communiqué de presse sur la fermeture de la boutique de l’Aigle, la direction s’est déchainée : appel de la secrétaire du CE et du RS Cgt, appel du DSCO Cgt, convocation des DSES Cgt de l’AD et communiqué de presse à la limite de la contre vérité.
En effet,  soutenir que l’enseigne Orange restera à l’Aigle ne répond pas à nos revendications, sur le maintien de l’emploi, le déplacement des salariés Orange ou GDT, le service aux clients, résidentiels ou professionnels, le maintien à long terme de cette présence. La CGT condamne la destruction programmée du réseau de boutiques propriétaires, l’abandon de notre présence dans le milieu rural, le tout digital, et cela n’a pas l’air de plaire à notre direction. Quelque part, cela nous rassure, cela prouve que nous sommes sur la bonne voie. Mais pour nos élus et mandatés, cette volonté de nuire à l’exercice de leur mandat est éprouvante.

L’ordre du jour de ce CE va nous donner l’occasion de nous exprimer de nouveau et de prouver que la politique de la direction est néfaste et dangereuse. La casse de l’outil continue malgré les résultats en hausse sur 2015. Il est vrai que les promesses faites aux actionnaires doivent primer sur l’emploi et le service aux clients.
Sous-traiter les supposées insuffisances de flux client est du même acabit que sous-traiter les risques en Unité d’Intervention. Cela est dangereux. C’est générateur de stress, de mal être, de risques routiers chez nos collègues des AD et de la GDT et générateur de danger chez nos collègues sous-traitants dans les UI. Les dernières semaines ont vu s’accroitre le nombre d’accidents et le décès de notre collègue à Vierzon vient malheureusement accréditer nos dires.

Le rêve de nos directions est de pouvoir gérer nos entreprises et leur personnel à leur guise, pour le plus grand bonheur des actionnaires. Elles font tout pour ça mais il y a zncore des obstacles. Oh des babioles, le code du travail, les accords d’entreprise, les IRP, les organisations syndicales, ou du moins celles qui défendent encore les salariés. Qu’importe, elles vont demander à leurs copains du gouvernement de leur mijoter quelques petites lois qui vont permettre de balayer ces obstacles. On a commencé par les lois Macron, Rebsamen, puis on a demandé à M. Badinter, toujours auréolé de son combat contre la peine de mort, de nous pondre un rapport visant à supprimer de plus de 1000 articles du Code du travail. Hélas, le côté humain de ses précédents combats a complètement disparu.
Une fois de plus, le coupable c’est le salarié et tous ses privilèges. Il faut casser les règles, remettre en cause la hiérarchie des normes, voire s’asseoir sur la représentativité au travers de référendums. Nouvelle piste d’économies, la dégressivité de l’assurance chômage.

Comme si les chômeurs étaient responsables du fait qu’on ait supprimé leur emploi. Une suggestion, avant de voter ces lois anti sociales, pourquoi n’ont-ils pas procédé à un référendum auprès des populations concernées ?

Une nouvelle journée d’action, que nous souhaitons la plus unitaire possible, se profile pour le mois de mars. Partout, des luttes se déroulent pour contrecarrer les mauvais coups portés contre les salariés, les privés d’emploi, les retraités, l’école, le service public…et cette liste n’est pas exhaustive.
La CGT appelle les salariés, les privés d’emploi, les retraités à relever la tête, à lutter et à imposer au gouvernement et au patronat une autre politique.
Pour rappel, les seules luttes perdues d’avance sont celles que l’on ne mène pas.