Commémorations du 11 septembre

tmp_25576-20150911_112809-682267782Le 11 septembre une délégation de la CGT FAPT 76 composée de Marie Noël MASMEJEAN, Jean Michel GIRAULT, Martial OTT et Pierre PHELEPP, a participé à la commémoration du 71ème anniversaire de la Libération du HAVRE, ainsi que plusieurs délégations CGT de l’agglomération et du département. Celle-ci c’est achevée par des dépôts de gerbes en mémoire de Jules DURAND, ALLAIN, VICTOIRE, LEFEBVRE et TRONEL, mais aussi de nombreux militants havrais de la CGT fusillés ou morts en déportation.

LE 11 SEPTEMBRE 2015 A FRANKLIN
Intervention de Muriel Cosquer
Commémoration du 11 septembre 2015 / 11h00 / Franklin
Mesdames, messieurs les conseillers départementaux,
Messieurs les maires ou leurs représentants,
Mesdames, Messieurs les conseillers municipaux,
Chers camarades,

Il y a 71 ans, le 12 septembre 1944, Le Havre était libéré après 4 années d’occupation et un siège de 12 jours, la bataille pour la libération du Havre contre la machine de guerre nazie prenait fin.
Nous sommes réunis aujourd’hui pour rendre hommage, en ce lieu, à nos camarades morts pour retrouver cette liberté.
Et ce n’est pas par simple tradition que nous nous réunissons tous les ans, mais bien pour que personne n’oublie, ni les militants CGT toujours présents grâce à leurs noms gravés sur ces plaques, ni ceux qui auparavant ont lutté aussi au péril de leur vie. Ces noms inscrits à côté de notre camarade Jules Durand doivent continuer à évoquer un idéal de paix, de fraternité et de justice.
3 dates marquent l’histoire et la mémoire de notre ville, de notre port et du lieu où nous sommes réunis aujourd’hui.

Le 24 novembre 1910, Jules DURAND est condamné à mort suite à un procès tronqué.
Le 26 août 1922, ALLAIN, VICTOIRE, LEFEBVRE et TRONEL sont abattus par la police alors que les métallos étaient en grève depuis 111 jours et le 12 septembre 1944, Le Havre est enfin libéré.
De nombreux militants de la CGT ont perdu la vie dans le combat de résistance qu’ils ont mené face à l’horreur nazie.
Ces visages emblématiques, ces noms gravés sur cette plaque, ne sont pas que des noms ou des visages que nous honorons une fois dans l’année. Ils sont aussi notre Histoire avec un grand H.
Ils ont été assassinés, internés ou déportés parce que militants syndicalistes CGT.
Cette triste et funeste période de l’histoire de notre pays aurait dû servir de leçon à l’humanité tout entière, mais, force est de constater qu’encore aujourd’hui, plus de 70 ans après, des peuples subissent les mêmes horreurs.
Chaque jour dans le monde nous pouvons constater, au Moyen orient comme en Amérique Latine, en Afrique ou en Palestine, au Sahara occidental, en Syrie ou en Ukraine, et la liste n’est malheureusement pas exhaustive, que la liberté d’expression et les libertés syndicales sont bafouées. A notre porte, on expulse les réfugiés, les Roms et les sans-papiers, on stigmatise les populations.
Tant d’êtres humains qui ne disposent pas du droit à disposer d’eux-mêmes !
Le capitalisme fabrique l’horreur et l’exploitation des peuples.
Le grand banditisme finance le fanatisme.
Le colonialisme tue.
Des pays construisent des murs de la honte, ceux de la division et de la haine, ceux du nationalisme et du repli sur soi.
L’occident vend des armes à des pays qui se font la guerre et devient le responsable des migrations de réfugiés en masse.
L’Europe, et la France en tête, vendent des armes mais refusent d’accueillir les réfugiés victimes de ces guerres !
L’impérialisme européen est la honte du 21e siècle.

Dans quel monde vit-on ?
Comment pouvons-nous rester insensibles à ces images de migrants qui tentent de fuir la répression, au péril de leur vie et de celle de leur famille ?
Comment rester insensibles quand on laisse s’asphyxier des êtres humains dans des camions sur les bords des routes européennes ? Comment rester insensibles à ces images d’horreur d’enfants échoués un matin sur une plage ?
Comment rester insensibles à ces guerres qui partout se multiplient ?
Comment rester insensibles à cet odieux attentat de janvier où la liberté d’expression a été touchée de plein fouet ?
Nos libertés syndicales sont touchées de plein fouet elles aussi !
De nombreux militants sont entravés, voire harcelés, dans leur activité syndicale. La CGT subit de nombreuses menaces d’expulsion de ses locaux partout sur le territoire.
Localement, nos co-secrétaires généraux sont à nouveau convoqués devant la police suite à notre action insignifiante lors du passage du tour de France.
La journée du 23 septembre prochain, consacrée aux libertés syndicales, sera donc pour nous l’occasion de rappeler que nous ne sommes qu’un à la CGT, et que lorsqu’on touche à un militant, c’est à toute la CGT qu’on s’attaque. La répression syndicale n’est pas prête de s’arrêter si nous n’y mettons pas fin nous-mêmes.

La CGT dérange parce qu’elle milite pour un idéal de société que ne supportent pas le monde libéral et le grand capital.
Nous n’avons pas à rougir des actions que nous menons car notre quête de justice sociale face à un gouvernement au service du patronat est un combat juste.
La CGT a toujours été aux côtés des peuples opprimés, des sans-droits, des salariés, des retraités, des jeunes, des précaires et des chômeurs et doit continuer à l’être de plus en plus !

Être capable de ressentir au plus profond de notre coeur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire disait le Che.
Nous sommes bien de ce sang-là à la CGT.
La solidarité, la liberté, la fraternité, l’égalité et la justice sont les valeurs qui nous portent dans l’action.
Nos luttes pour plus de justice sociale et pour une meilleure répartition des richesses sont notre quotidien.
Nos luttes contre la haine, le fanatisme, la xénophobie ou l’homophobie sont notre fierté.
Le gouvernement actuel, avec les lois, Macron, Rebsamen, Touraine ou autres, précarise le monde du travail et le socle de notre protection sociale. Le MEDEF est derrière aux commandes ! Leur volonté de mater les salariés et leurs représentants syndicaux est sans limites!

La flexibilité, les suppressions d’emplois, le travail du dimanche, la simplification de la fiche de paye, la retenue à la source, le flicage des privés d’emplois, la réforme territoriale, la privatisation de l’hôpital, la criminalisation de l’action syndicale, autant de sujets parmi d’autres qui ont alimenté notre mobilisation durant ces derniers mois.
La prochaine journée du 8 octobre sera pour nous l’occasion de démontrer notre résistance à cette casse du monde du travail car la lutte des classes n’est pas terminée !
Les camarades de Sidel, au coeur de la lutte, doivent être l’objet de toutes nos attentions ! Une fois encore, le capital, par la voix de ses actionnaires, détruit l’emploi pour augmenter leurs dividendes ! La destruction potentielle de ces 289 emplois est inadmissible. Le combat sera rude mais notre solidarité sera totale à leurs côtés.
Leur combat est révélateur de la société dans laquelle nous vivons. En effet, combien de temps allons-nous laisser les quelques privilégiés qui détiennent 99% des richesses décider de nos vies, de nos emplois, de nos conditions de travail, du sort des jeunes ou des retraités ?
Je finirai mon propos par ces quelques mots qui doivent nous rassembler…
Charb, malheureuse victime de l’ignoble attentat commis contre la liberté d’expression en janvier dernier avait pour habitude de dire devant la menace « Je préfère mourir debout que vivre à genou »…
Sommes-nous de cette trempe-là à la CGT ?

Oui car à la CGT… nous ne plions jamais, nous serons toujours debout et surtout…tous ensemble !