100.000 euros requis contre La Poste pour harcèlement moral

harcelement-moral-300x200  C’est le 19 décembre prochain que devrait être connu le jugement du tribunal correctionnel de Paris dans le dossier de harcèlement moral opposant la Poste à une ancienne cadre de l’entreprise.

Dans cette affaire, le procureur a requis 100.000 euros d’amende à l’encontre de l’entreprise et 5.000 euros d’amende à l’encontre de cinq responsables de la Poste, en écartant toutefois la responsabilité pénale de son ancien PDG Jean-Paul Bailly.

La plaignante, Astrid Herbert-Ravel, sortie en 1993 de l’Ecole nationale des postes et télécommunications (ENSPTT), devient en 2001 responsable des ressources humaines au service financier à la délégation Ile-de-France, qui employait 35.000 personnes. A l’arrivée d’un nouveau supérieur l’année suivante, elle se plaint de harcèlement moral et sexuel et cherche à changer de service.

Les faits initiaux, prescrits, ont selon elle été suivis par ce qu’elle dénonce comme un harcèlement institutionnel. « J’ai payé de ne pas avoir voulu me taire », avait-elle déclaré le 4 septembre devant le tribunal. Pendant neuf ans, Mme Herbert-Ravel a tenté de régler l’affaire en interne, mais a subi une « mise au placard », installée dans un bureau entre l’escalier de secours et les toilettes, loin des bureaux des collègues de son service, ou « oubliée » en congé maladie. Elle dit aussi avoir subis des « propos humiliants et vexatoires ». Elle a connu dépression et tentative de suicide.
Cette cadre a saisi la justice une première fois en 2011, avant de se désister, car une transaction financière lui octroyant quelque 300.000 euros -jamais versés- lui a été proposée en échange de son départ. « On a essayé d’acheter son silence », a plaidé son avocate, expliquant que sa cliente « s’est sentie un devoir de lanceur d’alerte ». « C’est un combat de dignité, il faut que ces pratiques cessent », a-t-elle ajouté.