Augmenter l’apprentissage c’est augmenter le chômage ! l’exemple d’Orange

chomage-indemnites-medef.600  Le président de la République vient d’annoncer, hospital dans la droite ligne de son prédécesseur, sales l’augmentation de l’apprentissage ; pourquoi ? Parce que tout le monde sait que le Medef milite pour cela, story pour le plus grand profit des actionnaires et la surexploitation des jeunes.

Pourquoi le Medef milite-t-il pour l’augmentation de l’apprentissage ?

Parce qu’il a compris que remplacer un CDI par deux apprentis, c’est tirer vers le bas la masse salariale, tout en ayant une main d’œuvre disponible, très efficace, très active, « geek » en nouvelles technologies (donc souvent au « top », et au-dessus du minimum nécessaire pour tenir pleinement un emploi), et très motivée par l’espoir, qui sera toujours déçu, d’obtenir une embauche à l’obtention du diplôme.

Pourquoi ? Lisez la suite :

De nombreux grands groupes usent, et abusent, déjà de l’apprentissage pour faire baisser l’emploi en CDI dans leurs entreprises.

C’est le cas, par exemple, d’Orange, dont la moitié du personnel a aujourd’hui plus de 54 ans. Aujourd’hui, la direction d’Orange utilise l’apprentissage pour faire baisser ses effectifs CDI en France, et les faire passer de plus de 90 000 aujourd’hui, à moins de 60 000 en 2020; elle utilise donc l’apprentissage pour augmenter le chômage en France ! (avec la complicité des représentants du gouvernement qui sont dans son conseil d’administration.)

Comme la direction procède-elle ?

Elle n’embauche pas de CDI pour remplacer les départs massifs en retraite et remplace les CDI par des apprentis. Ensuite, elle n’embauche qu’un apprenti sur dix à l’issue de la formation, une fois le diplôme obtenu. Et elle reprend alors de nouveaux apprentis.

La direction remplace les apprentis qui ont obtenu leur diplôme par de nouveaux apprentis, et ainsi de suite. Elle prétend-même avoir fait « œuvre utile », et avoir mis le « pied à l’étrier » à ces jeunes, qui formeraient, prétend-elle, un « vivier » dans lequel elle dit pouvoir puiser « à l’occasion » (mais cela n’arrive, évidemment, jamais).

Attention : aujourd’hui l’apprentissage n’est plus limité aux CAP ou BEP de boucher ou de maçon : il ne s’agit plus de ce type de formations, ni de ce niveau de qualification.

L’apprentissage dont le Medef, et le président, parlent est au niveau Bac +2, et même Bac +4, et au-dessus. C’est dans les Bac+ que le Medef et le grand patronat espèrent les profits les plus importants. Payer un « apprenti ingénieur » en dessous du Smic, c’est le projet.

Le Medef n’obtient pas, pour le moment, la création d’un « Smic Jeunes »; alors il pousse les feux de l’apprentissage, qu’il sait être populaire dans les familles, qui sont inquiètes pour l’emploi de leurs jeunes, et sont sensibles à la propagande qu’un parcours de formation plus court, conduirait prétendument plus facilement à l’emploi; ce serait vrai si le patronat avait une obligation d’embauche à la fin de la formation, comme en Allemagne ! Mais ce n’est pas le cas en France, où les jeunes apprentis diplômés sont jetés, pour 90% d’entre eux, à Pôle-Emploi dès qu’ils ont leur diplôme.

Car, en définitive, l’apprentissage développé ainsi depuis Sarkozy, n’a pas permis de combattre le chômage; il en a renforcé l’inexorable augmentation. Et ce sera pire encore avec cette idée d’embaucher des vieux en apprentissage dans les entreprises. On est bien dans la logique testée à Orange de remplacer des CDI par des apprentis et c’est scandaleux.

Et ce sera sans fin si l’on ne dénonce pas cette manœuvre frauduleuse. Ce qu’il faut c’est que le patronat cesse sa grève de l’embauche. Et il n’y a que l’action syndicale et de masse qui permettra de l’y contraindre.

Aujourd’hui, à la différence de ce que prétend le président, le scandale n’est pas que trop d’apprentis ne trouveraient pas d’entreprises pour les accueillir, mais que trop d’apprentis ne sont pas embauchés par les entreprises à l’issue de leur cursus de formation, ce qui n’est pas la même chose !